Les vestiges néolithiques, protohistoriques et gallo-romains retrouvés aux alentours de Beaune attestent son origine très ancienne. De Belenus (Apollon gaulois), à Belna, puis Beaulne, son nom a évolué au cours du temps pour devenir Beaune-la-Rolande en 1823, sur ordonnance royale. L’histoire de la ville est empreinte de sept siècles de dépendance à l’abbaye de Saint-Denis de 832 à 1598.

La cité d’alors était protégée par une enceinte et de nombreuses tours, renforcées par François Ier, que l’on devine encore en parcourant les mails autour de la ville. Son église Saint-Martin est remarquable. D’origine du XIIème siècle, en partie dévastée vers 1428 lors de la guerre de cent ans, elle est rebâtie au XVème, puis agrémentée de chapelles Renaissance. Sa crypte était placée sous le vocable de Saint Pipe, que l’on invoquait pour la guérison des fièvres et pour la pluie en période de sécheresse. L’ancien clocher tors brûla en 1861. Il fut remplacé par l’actuel clocher rebâti d’après les plans de l’architecte Viollet-le-Duc. En 1870, la bataille fit rage entre les troupes prussiennes et les 18ème et 20ème corps de la première armée de Loire.

Le jeune peintre Frédéric Bazille, un des précurseurs du courant impressionniste, fut au nombre des victimes. Lors de la deuxième guerre mondiale, un camp d’internement sera ouvert par l’occupant allemand. 22000 prisonniers de guerre y seront internés après la débâcle avant d’être expédiés en Allemagne.

Le camp servira ensuite de transit à 6500 juifs, qui seront déportés vers le camp d’Auschwitz. Un drame que les Beaunois d’aujourd’hui n’oublient pas. De tradition rurale, Beaune-la-Rolande a su développer et faire face à son destin. C’est actuellement un bourg accueillant de 2300 habitants et ouvert sur l’avenir.